André Manoukian 4tet invite Audrey Kessedjian

Retour aux sources des musiques d'Orient

André Manoukian : Piano
Hervé Gourdikian : Saxophones, duduk
Pierre Alain Tocanier : Batterie
Guillaume Latil : Violoncelle
Audrey Kessedjian : Voix

Avec son phrasé bien à lui, André Manoukian décrit à merveille ce qui l’a poussé à renouer avec la musique de ses ancêtres. « L’Orient, mes grands-parents en furent chassés. Longtemps je fus allergique à ses excès, son sucre, sa passion. Jusqu’aux retrouvailles, autour d’un piano :
— Pourriez-vous me jouer quelque chose d’arménien ?
Une vague mélodie de ma grand-mère égrenée d’un doigt hésitant...
— On dirait du Satie...
Et me voilà parcourant de nouveaux territoires sonores, armé de tambours sacrés iraniens, d’un violoncelliste turc, d’une chanteuse syrienne, d’un duduk arménien, de rythmes “Alaturka” (à la turque), repoussant les frontières mentales pour dessiner les contours d’un paradis perdu, entre Vienne et Samarkhande, à la recherche d’éclats de spleen, pour retrouver, le temps d’un concert, l’âme de mes ancêtres. »
Finalement, les frontières qui séparent le jazz de la musique orientale sont surtout géographiques. Le pianiste André Manoukian s’emploie à le montrer. « Dans ce projet, j’avais envie d’aller sur la musique de mes ancêtres, celle de l’Orient, mais plutôt du côté festif. J’ai eu envie de jouer sur de nouveaux rythmes qu’on appelle “Alaturka”, à la turque. Ce sont des rythmes à cinq, sept, neuf temps. »
André Manoukian ne s’est pas aventuré seul sur ce terrain, sa musique s’est enrichie au fil des rencontres, notamment celle qui lui permit de découvrir la chanteuse Audrey Kessedjian, une voix aussi à l’aise dans le répertoire classique que traditionnel, capable de chanter en arménien de façon plus orientale que les gens de la diaspora !