Grand projet participatif 2015 « Figures de l’exil »

Publié le 8 janvier 2015

Conception des Silhouettes Isabelle Carrier, Jérôme Ruillier
Création sonore Eve Grimbert
Prise de son « La Voix des Gens »
Diffusion sonore sur Internet et Radio Grésivaudan

Venez fabriquer votre Silhouette et donnez lui la parole !
Après Le Convoi d’Utopies Exceptionnelles (2012), Aux Harmonies ! (2012), Campana (2013) et Flowers 2.0 (2014), le Festival et ses partenaires présentent « Figures de l’Exil », le grand projet artistique, participatif et militant de l’édition 2015.
Au printemps prochain, 250 silhouettes, réalisées par les habitants, investiront l’agglomération et nous raconteront leurs histoires d’exil.
Participez à l’aventure collective à l’occasion d’un atelier : construisez votre propre personnage de carton, grandeur nature... et donnez lui la parole !

Petit rappel : Les premières Silhouettes, ces personnages grandeur nature en carton, bardés de couleurs vives et peints par les citoyens et les passants, sont apparues dans les rues de Voiron en janvier 2014, symbolisant les sans-papiers pour soutenir avec succès une jeune lycéenne menacée d’expulsion...

Pour les Détours de Babel, Isabelle et Jérôme reprennent leurs pinceaux, conçoivent de nouvelles formes, imaginent une fabrication participative à grande échelle. De novembre à mars, les Silhouettes seront fabriquées avec le concours des habitants dans le cadre d’ateliers co-organisés par les MJC partenaires.
Pendant ces ateliers, l’équipe de lavoixdesgens.fr et Eve Grimbert tendront le micro aux participant(e)s pour récolter leurs témoignages sur l’exil.
Les Silhouettes accompagneront la 5e édition du Festival, du 14 mars au 3 avril 2015, dans les MJC, sur les lieux des concerts du Festival et s’installeront au Musée Dauphinois. Elles livreront au public leurs témoignages via téléphones et ondes radio...

Dates et horaires des ateliers de fabrication…

MJC de Voiron :
04 76 65 90 83 - 24 janvier de 14h à 17h / 28 janvier de 9h à 12h / 28 février de 14h à 17h

MJC Parmentier (Grenoble) :
04 38 12 30 33 - 22 novembre / 6 décembre / 10 janvier de 14h à 17h

MJC Mutualité (Grenoble) :
04 76 44 71 94 - 4 décembre / 11 décembre / 18 décembre / 15 janvier de 17h30 à 20h30

MJC Mandela (Fontaine) :
04 76 53 53 28 - 13 décembre / 17 janvier / 7 février de 14h30 à 17h30

> Renseignements et inscriptions auprès des MJC.

Production et coordination générale CIMN-Détours de Babel, en partenariat avec les MJC de Voiron, Parmentier et Mutualité (Grenoble), Nelson Mandela (Fontaine), le collectif Dyade et Radio Grésivaudan.

Les créateurs en interview

CIMN : Une première version de l’œuvre est née, en janvier 2014, à l’occasion de rassemblements à Voiron contre l’expulsion d’une lycéenne sans papiers. Celle-ci a finalement pu rester en France suite à la mobilisation. Quelles leçons avez-vous tirées de cette expérience ?

Il faut avant tout préciser que c’est l’immense travail de soutien des membres de RESF (Réseau Education Sans Frontières) qui a permis à cette famille de rester en France. Mais la création de cette petite foule colorée de silhouettes en carton, posées dans la rue lors de la dernière manifestation avant le passage au tribunal, a certainement contribué à montrer que cette famille, connue et intégrée à Voiron, était très soutenue par les citoyens.
Cela a pesé bien-sûr.

Cette initiative a aussi été, pour des gens de tous horizons, l’occasion d’exprimer une opinion forte, d’une façon différente, autrement qu’avec un militantisme pur et dur, ressenti de plus en plus souvent comme trop agressif. La création d’une œuvre artistique collective permet de rassembler des gens autour d’un sujet sensible, dans un moment de convivialité et de partage. Lors des ateliers participatifs, tout le monde est là pour créer, quelque soit son origine.

CIMN : Pour les Détours de Babel, vous avez conçu de nouvelles formes de Silhouettes. Les personnages que vous avez dessinés sont vraiment intrigants : ce dos, ces nuages… Vouliez-vous raconter une histoire à travers ces symboles ?

C’est l’histoire d’une grande famille : celle de l’humanité qui depuis toujours migre, bouge, se déplace. Chaque membre (em)porte avec lui sa culture, son histoire, son espoir (d’un ailleurs meilleur peut-être...), symbolisé par un morceau de ciel bleu avec des nuages.

Si un personnage qui marche, vu de dos, évoque la dernière image que l’on a de celui qui part, le « double-dos » sans la face, permet de ne pas figer l’imaginaire. L’absence de visages surprend, interroge, intrigue. Chacun est alors renvoyé à lui-même, expérimente ce sentiment de solitude et d’impossibilité de communiquer avec l’autre (tel l’exilé, à cause de la barrière de la langue, de la perte de repères ou des préjugés à son égard), avant de projeter sa propre histoire sur les Silhouettes...

CIMN :Les Silhouettes sont conçues par vous, mais elles sont fabriquées par des habitants dans le cadre d’ateliers en MJC. Cette dimension participative est-elle inhérente à l’œuvre ?

C’est aussi l’histoire de personnes, qui fabriquent ensemble des personnes, qui vont être installées dans différents lieux publics et vues par d’autres personnes. L’humain est au centre du projet du début à la fin.
Cette création n’a d’intérêt que si elle a une dimension collective et participative.

CIMN :
Il s’agit d’une œuvre plastique et sonore : les voix des participants sont enregistrées pendant les ateliers pour constituer la « bande-son » du projet, composée par Eve Grimbert. Qu’attendez vous de cette nouvelle dimension ?

Quand on conçoit une histoire illustrée, ce que nous faisons habituellement, on doit faire s’articuler un rapport texte-image qui est un rapport de complémentarité, sans redondances. Pour ce projet, c’est la même chose, les Silhouettes sont les images, le son est le texte.

Ces Silhouettes, fabriquées à partir d’un modèle de base identique, suffisamment neutre pour représenter l’Humain en Exil au sens le plus large, sans caricature ni stigmatisation (il n’y a ni gros, ni maigre, ni noir, ni enfant par exemple), n’offrent qu’une vision très parcellaire de l’humain et peuvent même être ressenties comme un peu déshumanisées.
La création sonore, conçue à partir des témoignages récoltés pendant les ateliers, nous dévoilera une part de cette face qui nous est cachée, redonnant à cette foule de « sans visages » toute sa dimension humaine, riche de ses particularités, de ses vécus, de ses émotions.

CIMN :
Que va devenir votre « grande famille » une fois le Festival terminé ?

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants...